Contemporain

Les impatientes

Résumé

Ce magnifique roman retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, elle voit d’un très mauvais œil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée. Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu’un seul et même conseil : Patience !

TW : viols, violences conjugales

Mon avis

Ce roman a remporté le Goncourt des lycéens en 2020, c’est à cette occasion que je l’ai connu. J’ai été intéressée par les thèmes abordés dans ce roman.

Ce roman est en trois parties une pour chaque protagoniste du résumé. Chacune nous présente le mariage arrangé sous un angle différent. Un point commun entre ces trois femmes, Munyal (patience), ce mot qu’elles entendront à chaque fois qu’elles évoqueront une difficulté dans leur couple.

Ce récit met en avant un monde qu’en France nous ne connaissons plus, celui des mariages arrangés, qui est malheureusement encore présent en Afrique. Ce mariage arrangé est bien souvent accompagné de viol et ces femmes doivent accepter la polygamie de leur mari sans rien dire. Le récit de ces femmes est déchirant, on voit leur souffrance, c’est l’omerta autour d’elles, on leur dit jsute d’être patiente.

Parmi les trois protagonistes, Ramla est sans doute celle que j’ai préféré. Elle a poursuivi ces études bien plus tard que la plupart des filles de son village. Elle sait que ce n’est pas normal d’épouser un homme qui pourrait être son père, plutôt que son amour de jeunesse, au nom de la richesse de l’homme choisi par son père. Mais elle va l’accepter au nom de la tradition.

Je n’ai pas trop d’opinion sur Hindou, elle subit un mariage avec un homme violent, mais je n’ai pas réussi à m’attacher à son personnage. Safira subit le choix de son époux de prendre une deuxième femme. Elle sait que Ramla n’a pas choisi de devenir deuxième épouse et pourtant elle ne peut s’empêcher d’être méchante envers Ramla au nom d’une jalousie folle. C’est clairement le personnage féminin que j’ai le moins aimé. Je n’ai pas non plus aimé les personnages secondaires parce qu’ils perpétuent à tout prix une tradition malsaine pour les femmes.

Ce livre court m’a fait voyager dans un univers que j’ai la chance de ne pas connaître et de vivre au travers la plume de l’autrice les violences subies par ces femmes. Ce récit est inspiré de faits réels, et ça se sent, je pense qu’il y a une partie de la vie de l’autrice dans ce roman.

Si j’ai aimé lire ce roman, j’ai regretté une chose, c’est que les trois récits de femme se succèdent au lieu de se mêler. L’histoire de Ramla est indépendante en grande partie de celle d’Hindou qui est elle même indépendante de celle de Safira. L’histoire de cette dernière permet de voir Ramla mais en arrière plan. J’ai regretté de ne pas savoir ce que devenait ces femmes une fois leur histoire terminée, surtout pour Ramla et Hindou.

En bref, un roman dur sur un sujet peu abordé en littérature contemporaine. Des personnages blessés mais une construction du récit qui m’a laissé sur ma faim.

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3 réflexions au sujet de “Les impatientes”

  1. Le livre montre vraiment à quel point c’est important de travailler sur l’autonomisation des femmes. Quelle que soit la culture, une femme qui n’a aucun moyens de subsistance ne va aller nulle part. C’est le cas en occident des femmes battues ou de certaines femmes au foyer.

    Sans compter les femmes qui ont intégré les injonctions du patriarcat, élèvent leur filles dans ce sens, et crient à qui mieux mieux que c’est leur « choix » (charge mentale, temps partiel, épilation, talon haut, maquillage, etc). Qu’est ce qu’elle peuvent faire d’autre ? Le prix à payer pour aller à l’encontre de tout ça, elles ne sont pas prête à l’endosser. Il est également très cher. Alors elles se plaignent de temps en temps, mais la plupart du temps, elles remplissent le cahier de charge de la bonne femme de leur communauté. Et je ne parle même pas de celles qui combattent farouchement les activistes. Plus d’égalité seraient admettre qu’elles auraient pu remédier à la médiocrité de leur vie (Leonora Miano a de très beau passage dessus)

    Pour moi, ce livre a une portée local (le destin des femmes dans le sahel) mais surtout une portée universelle : une sociabilisation différenciée des femmes, qui les conduits parfois à se transformer en bourreaux pour pouvoir se faire accepter du groupe dominant. Une sociabilisation qu’elle régurgite en la maquillant en choix, en destin, etc

    Les femmes subissent des injonctions dans toutes les cultures, ces injonctions ne sont juste pas les mêmes. Djaili a eu le courage de se regarder dans le miroir et de dénoncer celles de sa communauté. A nous toutes d’en faire autant dans les nôtres. Pour moi elle s’adresse à toutes les femmes, leur demande de refuser les injonctions qui leur sont faites et de vivre leur vie.

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